
Les acouphènes (sifflements, bourdonnements ou bruits perçus sans source sonore externe) sont souvent difficiles à évaluer médicalement. Jusqu’à aujourd’hui, les professionnels de santé utilisent surtout des questionnaires standardisés pour mesurer la gêne ressentie par les patients, comme le Tinnitus Handicap Inventory. Cela repose donc principalement sur le ressenti déclaré.
Des travaux de recherche récents proposent une approche complémentaire : observer certaines réactions automatiques du corps qui semblent liées à la sévérité des symptômes.
Des scientifiques affiliés à Massachusetts Eye and Ear / Mass General Brigham ont examiné la façon dont des personnes souffrant d’acouphènes réagissent physiquement à des sons.
Ils ont mesuré notamment :
Ces réactions sont contrôlées en partie par le système nerveux autonome, qui intervient dans les réponses automatiques liées à l’attention, à l’émotion et à l’état d’alerte. Les mesures ont été analysées à l’aide d’outils informatiques.
Les chercheurs ont observé que l’intensité de ces réactions involontaires était associée aux scores obtenus par les participants dans les questionnaires évaluant la gêne liée aux acouphènes et à la sensibilité aux sons.
En d’autres termes, les personnes rapportant des symptômes plus sévères présentaient en moyenne des réponses pupillaires et faciales plus marquées pendant les tests sonores.
L’étude suggère donc qu’il pourrait exister une signature physiologique mesurable associée à la sévérité ressentie des acouphènes.
Ces résultats ont été publiés dans la revue scientifique à comité de lecture Science Translational Medicine.
Les chercheurs soulignent que :
Même avec ces limites, cette recherche est intéressante car elle explore une manière plus objective d’étudier un trouble souvent décrit comme “invisible”.
Elle pourrait à terme :
Ces perspectives restent du domaine de la recherche en cours.